Avignon, printemps 1987 : nous venons de fonder
notre société de production, au nom librement inspiré
d’une œuvre théâtrale de Mishima (“Aya no Tsusumi”
ou le Tambour de Soie en version originale japonaise). L’Equipe est
composée de 5 personnes, toutes intermittentes du spectacle, fondues
de cinéma, désireuses de posséder un outil de production
adapté à la production de leurs futurs films.
Ce sont les années d’apprentissage, consacrés à
la réalisation de courts métrages de fiction. La joyeuse bande
gravite principalement autour de deux réalisateurs/fondateurs, Jacques
Malaterre et Bernard George. D’ailleurs, et c’est le regard que
je porte à postériori sur cette époque, nous sommes plus
une structure de réalisateurs, qu’une réelle société
de production. Pour ma part, je n’ai que deux années d’expérience
en assistanat de réalisation, quantité de stages non rémunérés,
et douze mois de service militaire, faiblement rémunérés
mais très formateurs, au sein du Service Cinéma (ECPA). J’ai
décidé d’emprunter cinq mille francs pour participer à
cette création de SARL. Je ne veux pas devenir producteur, je veux
juste exercer librement mon métier d’assistant réalisateur.
Le hasard a voulu que parmi les cinq associés, je sois le seul à
connaître la signification des initiales C.N.C. et surtout à
savoir taper à la machine.... A quoi tiennent les vocations ?
En 1989, premier virage : nous produisons du documentaire (avec un peu de
fiction à l’intérieur, tout de même). C’est
“Nuit des toiles”, 26 minutes, réalisé par Alain
Fleischer pour FR3 Océaniques. Nous ne le savons pas encore mais ce
film est fondateur d’une future ligne éditoriale : nous travaillons
sur l’Art (l’influence du cinéma sur la peinture contemporaine)
avec le soutien d’un musée (en l’occurrence, la direction
des musées de Marseille).
En 1991, nous poursuivons dans cette direction avec la mise en production
du “Temps d’un détour”, une évocation de Marseille
au XIXe siècle, réalisé par Alain Bergala, durée
65 minutes, support cinéma 35 mm, toujours pour FR3, avec la participation
des Musées de Marseille, du Musée d’Orsay et de la Réunion
des Musées Nationaux.
Mais c’est en 1993 que tout change : déménagement sur
Marseille, constitution d’une nouvelle équipe, autour de deux
producteurs, Dominique Gibrail et Alexandre Cornu, avec pour projet commun
de développer une ligne documentaire essentiellement tournée
vers le film sur l’Art....
